Le 8 octobre, le Wall Street Journal annonçait qu’une faille dans la sécurité de Google+ avait mis en danger les données de plus de 500 000 utilisateurs. À l’abandon depuis quelques années déjà, Alphabet Inc, la société mère de Google, a annoncé la fin du réseau social, prévue pour août 2019. Retour sur un des fiascos du géant américain.

 

C’est quoi déjà Google+ ?

Nous sommes en 2011. Devant la montée en puissance de Facebook et de Twitter notamment, le monde du web communautaire se développe considérablement. Les dirigeants de Google, Larry Page en tête, veulent être de la partie. Google+ est lancé. Son credo ? Les interactions sociales sont organisées en « cercles » : ton cercle de « collègues de bureau » n’aura pas accès aux blagues douteuses que tu partages avec « tes amis d’enfance ».

Le nombre d’utilisateurs grimpe de manière exponentielle : en quelques mois les 100 millions d’utilisateurs actifs sont atteints. Un an après sa sortie pour le grand public, en septembre 2013, ils seraient 300 millions à utiliser Google+ activement selon les chiffres du géant américain.

Le nombre d’utilisateurs total : l’arbre qui cache la forêt

Mais ces chiffres cachent une tout autre réalité. Google a largement profité du succès de ses autres services, comme Gmail par exemple, pour booster les performances de son réseau social. Chaque fois qu’une personne créait un compte Gmail, elle activait par la même occasion son compte Google+, sans forcément le savoir.

Devant l’absence de communication de Google+ autour du nombre d’utilisateurs et de l’état de santé du réseau social depuis 2013, le blogger Kevin Anderson a publié une étude en janvier 2015. Voici les principaux résultats :

– Sur les 2,2 milliards de profils G+, seulement 9% ont posté du contenu publiquement.
– Sur ces 9%, soit 200 millions d’utilisateurs environ, l’activité la plus récente de 45% d’entre eux n’est autre que le post d’un commentaire sur une vidéo YouTube ou un changement de photo de profil.
– Sur les 20 derniers jours précédant l’étude, seulement 4 à 6 millions d’utilisateurs ont posté publiquement.

Les raisons du fiasco

Plusieurs raisons peuvent expliquer cet échec :
– D’anciens salariés affirment que le produit a été conçu seulement pour faire concurrence à Facebook et pour répondre à des problèmes internes. Pas de stratégie à long terme donc, si ce n’est copier le leader pour lui prendre des parts de marché.
– Contrairement à de nombreux réseaux sociaux, Google+ n’a pas anticipé l’utilisation de plus en plus massive des smartphones.
– Plusieurs témoignages de salariés affirment que Google+ était loin de faire l’unanimité au sein de la compagnie. Peut-être une des raisons qui a poussé Vic Gundotra, responsable de Google+, à quitter le navire en avril 2014. Un départ qui a d’ailleurs laissé Google + sans aucune vision à long terme.

En définitive, il s’agit d’un échec cuisant pour les dirigeants de Google, puisque le réseau social n’est jamais réellement entré dans les habitudes des internautes et des entreprises. Cette faille dans le système de sécurité n’est donc qu’un prétexte pour fermer définitivement un réseau social qui était en errance depuis des années.

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